30/09/2013

Coup de projecteur sur les Avanchets

Avanchets 1.jpgOn m’a à plusieurs reprises reproché ces derniers temps – à juste titre – d’avoir consacré un article entier sur la beauté du Lignon, et de ne rien avoir écrit sur l’autre magnifique cité de Vernier : les Avanchets.

Et s’il est vrai que, parce que j’y vis, j’entretiens un rapport presque viscéral avec ma propre cité, il est peut-être temps aujourd’hui  de rendre hommage à notre autre grand ensemble urbain.

Lignon et Avanchets sont nés, à la même époque, d’une logique similaire visant à proposer un habitat collectif ambitieux, mais de qualité. Construite au début des années 70, la cité des Avanchets est une réussite à plus d’un titre.

Certes, contrairement au Lignon, la cité des Avanchets souffre d’un environnement urbain dense, coincée entre une zone industrielle et deux grandes pénétrantes (Route de Meyrin et avenue Louis-Casaï). Elle se trouve en outre proche de la piste d’atterrissage de Cointrin, ce qui lui vaut d’ailleurs d’ailleurs que certaines de ses rues portent le nom d’un pionnier de l’aviation célèbre (François Durafour, Oscar Bider).

Avanchets 2.jpgImposant ensemble de 2245 appartements (contre 2780 au Lignon), les Avanchets ont la particularité de posséder un centre commercial intégré au cœur de la cité.

La topologie de la cité, elle aussi, est originale, puisque tout le quartier est en zone piétonne. De grandes passerelles permettent de passer d’une rue à l’autre sans jamais avoir à traverser l’une des routes de la cité, qui sont reléguées en sous-sol.

Mais ce qui frappe surtout, aux Avanchets, pour peu qu’on prenne la peine de s’y immerger, c’est l’extraordinaire vitalité de sa vie sociale ! Si le Lignon brille par son architecture, la cité des Avanchets, elle, rayonne par la quantité et la qualité de projets communautaires et collectifs, exprimés et mise en œuvre par ses habitants. Nulle part ailleurs, à Vernier, on ne retrouve un tel engagement, ni un tel dynamisme citoyen.

Portée par deux structures de la FASe intégralement dédiées à ses habitants (la Maison de Quartier et l’Eclipse, sa maison des jeunes), la cité des Avanchets se distingue par des projets d’envergure qui améliorent efficacement et durablement le quotidien de la population.

Repas5Francs_t.320.jpgSon « Contrat de Quartier » - le plus dynamique de Vernier – croule sous les projets d’utilité collective. Son association d’habitants – « Faîtesavanchets » - organise diverses manifestations tout au long de l’année. On y trouve également deux associations de jeunes (« Jeunesse and Co » et « Play With FairPlay »), qui participent activement à la vie de la cité  et montrent une image incroyablement positive de la jeunesse des Avanchets. Et puis, aussi, on n’oubliera pas la petite association des « Repas à 5 francs », qui propose des menus sympathiques à la population, tous les mercredis midi, dans un cadre simple, agréable, mais surtout formidablement convivial. Enfin, comment passer à côté de la chaîne de télévision locale - Canal 29 - qui émet depuis plus de 30 ans depuis le cœur de la cité!

 

Les Avanchets, c'est la cité du bonheur. Et derrière son architecture imposante se cache une cité de cœur, ou il fait bon vivre, et ou les habitants savent encore ce qu'est la solidarité, l'engagement altruiste et le vivre-ensemble.

Et si mes propos ne vous convainquent pas, je vous laisse le soin de visionner cette petite vidéo de l'association Play With FairPlay, qui a organisé ce printemps une soirée de solidarité avec le Kosovo. Un engagement citoyen qui force le respect!


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25/09/2013

Nidegger, un aller simple pour Casablanca

tuniqueslasuissetugicles.jpgOn ne reviendra pas ici sur la pertinence de la proposition choc de l'UDC Nidegger, visant à "proposer" aux rentiers AVS/SPC (l'OCPA n'existe plus, mon cher Monsieur) de quitter la Suisse pour aller se voir chez les marocains.

Dans le genre ignoble, on fait difficilement mieux.

Il y a à peu près tout qui devrait nous irriter dans cette proposition absurde.

Premièrement, celle-ci fait peser la culpabilité de leur situation aux personnes qui dépendent des prestations complémentaires pour survivre (ce qui est d'ailleurs, le cas échéant, assez difficile).

Deuxièmement, cette idée saugrenue part du principe que ces personnes n'ont pas de famille, pas de réseau social, pas d'amis, pas de loisirs et, surtout, pas d'attaches avec ce pays qu'est la Suisse.

Enfin, il ne s'agit ni plus ni moins que d'exporter ("déporter" conviendrait mieux...) des personnes à faibles revenus qui dépendent de la solidarité sociale dans des pays où ce coût serait moins important pour la collectivité.

Quelle formidable logique! Plutôt que d'essayer d'améliorer le quotidien des nôtre, de nos seniors, de nos propres aînés, qui bien souvent ont travaillé de longues années pour une retraite de misère, on les envoie au soleil, sous le prétexte qu'ils y seront mieux traités qu'ici?

Au-delà du côté tragiquement farfelu de la mesure proposée, c'est le côté outrageusement provocateur et indécent du propos qui me choque. A 10 jours des élections cantonales, il faut surtout y voir la tentative désespérée d'un parti à bout de souffle de faire parler de lui, et de tenter ainsi d'éviter la menaçante guillotine du quorum dont il se rapproche dangereusement.

Pour mon plus grand plaisir, d'ailleurs.

Monsieur Nidegger, allez-y vous-même à Casablanca.

Je ne vous retiendrai pas.

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23/09/2013

Genève, dans 5 ans

genèe 5 ans.jpgDans 5 ans, nous serons à la veille des nouvelles élections pour le renouvellement du Grand Conseil et du Conseil d’Etat. L’enjeu ne sera pas anodin, comme à chaque fois, et il s’agira de décider s’il faut reconduire le pouvoir politique en place, ou bien changer les équipes dirigeantes, tant au niveau du parlement que du gouvernement.

Cela dépendra évidemment des options que prendront les partis politiques genevois à l’issue des élections des 6 octobre et 10 novembre prochain. De deux choses l’une : soit on continue (pour certains) à jouer aux trublions sur Léman Bleu, soit on essaye, sur des programmes minimaux, sur des plus petits dénominateurs communs, sur des minuscules pierres d’achoppement, de travailler un tant soit peu sur l’avenir de Genève.

Le compromis n’est pas la compromission. Et, dans 5 ans, Genève pourrait avoir un tout autre visage qu’aujourd’hui, pour autant qu’on se donne la peine d’y travailler ensemble, autrement, de manière constructive et raisonnée.

Dans 5 ans, on pourra atteindre facilement le centre-ville en transports publics, grâce aux P+R gratuits qui fleuriront en périphérie et au renforcement du réseau des TPG

Dans 5 ans, il y a aura un tout petit peu plus de policiers, mais ils seront surtout beaucoup plus présents dans les rues, car on les aura déchargés de leur boulot administratif (par des assistants) ou des missions que ne sont pas forcément prioritaires pour leurs fonctions (bruits, incivilités, querelles de voisinage).

Dans 5 ans, on a aura fait chuter le taux de chômage, grâce à une politique beaucoup plus volontariste de l’Etat en matière d’insertion professionnelle, notamment pour les jeunes en rupture (qui sont près de 2000 aujourd’hui), et des seniors qui peinent à retrouver du travail après 50 ans.

Dans 5 ans, on verra fleurir dans grands projets immobiliers, construits en bonne intelligence avec les habitants des communes concernées, et disposant de toutes les infrastructures nécessaires pour éviter les nuisances.

Dans 5 ans, surtout, nous serons alors débarrassés de ceux qui hurlent avec les loups et qui pensent qu’il suffit de promettre tout et son contraire. On verra enfin disparaître de l’échiquier politique ceux qui pensent qu’il suffit de tabler sur le mécontentement des gens, sans jamais rien proposer de concret. On en aura enfin fini avec les diatribes incendiaires, les verres d’eau jetés à la figure, les insultes et les intimidations de toutes sortes.

On n’aura plus à essayer de répondre aux arguments fallacieux, aux solutions irréalisables assénées à l’emporte-pièce, à la propagation de la haine, de l’intolérance et du rejet de l’autre.

Bien sûr, il y a du boulot ! Il nous faudra bien 5 ans pour faire comprendre aux Genevois que les remèdes à la baisse de la leur qualité de vie – ce que tout le monde reconnaît – passent par la recherche de solutions viables, plutôt que par les hurlements improductifs et les harangues d’un autre temps.

Si vous êtes – comme je le suis parfois – déçus par la politique, alors mettez dans l’urne les noms de celles et ceux qui veulent vraiment faire avancer Genève. Pas ceux qui prônent le chaos et la politique de la terre brûlée. L’Histoire de notre pays et de notre canton est une histoire de bon sens et de petits pas. C’est notre système politique qui l’exige.

Ca n’est pas l’Histoire des incendiaires qui se transforment soudain en pompiers. Et qui sont, dans tous les cas de figure, les principaux responsables des blocages qu’ils dénoncent.

Hurler n’a jamais fait avancer les choses. En politique, comme partout ailleurs, il vaut toujours mieux faire confiance à son cerveau qu'à ses tripes. 

 

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