03/10/2013

Gueulez par les urnes!

GUEULER.jpg20%, c’est le taux de participation officiel qui vient de tomber, à seulement 3 jours de la fin du scrutin.

C’est près de 3% de moins qu’il y a 4 ans…

C’est triste. C’est inexplicable. C’est inexcusable. C’est surtout pathétique.

Comme le dit l’adage, la démocratie est le seul outil qui s’use si on ne s’en sert pas.

Pourtant, à Genève, nous somme censés être les rois de la complainte, du mécontentement, de l’exaspération. Sur les blogs, sur Facebook, sur les courriers de lecteur, sur les commentaires des éditions électronique des quotidiens, partout ce ne sont que critiques et remises en question de nos autorités politiques.

Partout, tout le temps, les genevois se plaignent. De tout. De n’importe quoi.

Et pourtant, visiblement, seule une infime minorité de la population qui réside dans ce canton (si on enlève les étrangers, les mineurs et les abstentionnistes) aura choisi qui les gouvernera durant ces cinq longues prochaines années.

Nous avons – contrairement à l’écrasante majorité de la population mondiale – la chance de vivre dans un vrai pays démocratique. Et nous avons la chance d’avoir dans ce canton un système politique de concordance qui fait que – pour autant qu’elles passent le quorum – la totalité des sensibilités politiques sont représentées et peuvent agir, lentement mais surement, sur le destin de la collectivité.

Je peux déjà vous donner le résultat du scrutin de dimanche : le parti des abstentionnistes va remporter la majorité absolue ! Avec près de 60% des suffrages, ce parti est de loin le plus fort du canton.

 

Quelle belle victoire…

Une victoire d’enfants gâtés, qui ne savent pas la chance qu’ils ont. Et qui pourtant, dès le lendemain, continueront de délégitimer partout le système auquel ils refusent de participer.

Alors oui, Genevois, gueulez autant que vous voulez. Mais faites le par les urnes !

Il vous reste trois jours pour décider de l’avenir de Genève.

Combien de personnes dans le monde se sont battues, sont mortes, ou ont tout sacrifié pour le simple privilège de pouvoir choisir leurs dirigeants ? Combien rêvent chaque jour, sous le joug des dictatures ou des républiques dévoyées, de posséder un pouvoir tel que le nôtre ?

Avant de voter pour le parti majoritaire des abstentionnistes, réfléchissez à cette question.

 

Et gueulez donc un bon coup, mais faites-le avec votre bulletin de vote.

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Commentaires

C'est exact : nous sommes des enfants gâtés. Nous faisons partie des 8 millions de personnes qui avons gagné au loto par le simple fait d'habiter en Suisse. Tous partis politiques confondus, vous vous êtes évertués à nous dépeindre l'apocalypse. Pourtant, nous avons le meilleur système social au monde, les meilleurs soins de la planète, des écoles qui tiennent la route, un taux de chômage très bas, des logements décents, les salaires les plus élevés du globe... nous sommes à l'abri de catastrophes naturelles, on peut manger gratuit 3 fois par jour dans les différentes associations. La corruption n'existe pas, la culture est accessible à tout le monde. Nos bus sont neufs, nos trains sont beaux.

Alors, je lance une invitation au voyage : l'Inde, le Congo, Haiti et tiens pourquoi pas le sud de l'Italie... peut-être que vous arrêterez de vomir sur tout ce qui va bien.

Je suis fière d'habiter dans un pays avec un taux d'abstention si élevé. Je n'y vois qu'un signe de bien être.

Écrit par : C.K | 03/10/2013

"Une victoire d’enfants gâtés, qui ne savent pas la chance qu’ils ont."

Je doute que les abstentionniste le fassent comme des enfants gâtés.

Je pense au contraire qu'une bonne partie d'entre eux sont parfaitement conscient de la chance qu'ils ont, tout comme ils sont parfaitement conscient de l'échec des partis gouvernementaix mais aussi et surtout de l'absence ou les faibles possiblité d'alternatives... crédible.

Mieux vaut ne pas voter que mal voter... (que ce soit par defaut (faute de choix réel) ou par mauvais choix)

Écrit par : Pierre Roche | 03/10/2013

On oublie peut-être un peu trop souvent que voter est certes un droit, mais aussi, d'une certaine manière un devoir.

Cela dit, l'abstentionnisme est un phénomène qui n'émeut guère la Genève politique. Les partis sont trop occupés à définir leurs "stratégies" qu'ils en oublient de s'interroger sur les causes d'une telle désaffection.

Et si vraiment tout va bien dans la République, "motivation" essentielle des abstentionnistes, il est malicieusement permis de se demander, au fond, pourquoi on vote !

Mais je m'égare...Allez voter. Je l'ai déjà fait.

Écrit par : Michel Sommer | 03/10/2013

En total accord Marko ! Serait-ce nous, les politiques, qui sommes incapables de fédérer et intéresser le peuple à la chose publique..c'est certainement là notre plus triste défaite :-( Bonne chance pour le GC Amitiés VCB

Écrit par : Valérie Cuenca-Berger | 03/10/2013

@ Valérie:

C'est effectivement une hypothèse, mais je n'y crois pas trop.

Les citoyen-ne-s ont le choix, quel que soit ce choix. Il y a suffisamment de partis pour représenter à peu près toutes les tendances. Et suffisamment de candidat-e-s (près de 500 au GC cette année) pour trouver des affinités partout!

Jamais nous n'avons eu autant de choix sur le marché politique. On peut choisir de voter pour des partis, ou pas, de rayer des gens, d'en ajouter d'autres, ou bien de ne voter qu'une personne, ou bien 100, sur la liste que l'on veut. Toutes les combinaisons sont possibles!

Alors je suis un peu désemparé face à ce renoncement démocratique.

Et je ne veux pas croire que les gens refusent de participer au choix de celles et ceux qui les dirigeront. C'est une conception de la servitude qui, dans notre démocratie, dépasse mon entendement...

J'espère te croiser dimanche peut fêter avec toi la fin de la campagne!

Amitiés
Marko

Écrit par : Marko Bandler | 03/10/2013

Je crains personnellement que ce soit le signe d'un fossé grandissant entre la population et les partis politiques établis; la majorité de la première se préoccupe d'abord de sa propre vie quotidienne, ces derniers sont davantage tournés vers les manœuvres et stratégies politiques. C'est du moins la thèse du sociologue Alain Mergier pour expliquer le vote FN en France. Voir http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/09/17/le-fn-n-est-plus-a-la-marge-du-politique-il-en-devient-le-centre_3478999_823448.html
De plus, le spectacle donné sur Léman bleu ou dans les médias n'est souvent pas de nature à rassurer les gens sur le sérieux des politiciens...
Je souhaite que votre appel soit entendu, aussi par les futurs élus.

Écrit par : Jean-Michel Bugnion | 03/10/2013

Personnellement, je ne sais pas si beaucoup de monde est comme moi mais je le pense, mais quand je rentre à la maison le soir j’ai d’autres choses à faire que d’aller me palucher le CV de 500 candidats pour voir qu’elles sont leurs réelles propositions et d’aller fouiller en plus ample détail dans leur passé pour voir si, ces dit candidats, ont par le passé effectivement tenu leurs promesses.

Je ne suis d’aucun parti, je ne vais donc pas privilégier une liste en particulier. J’aime les idées qui règlent les problèmes de société. Que ces idées émanent d’un candidat de droite, de gauche ou du centre, cela ne m’importe que peu.

Alors se retrouver devant 500 noms, sans savoir qui sont les gens pour lesquels nous allons donner notre voix m’a paru plus que compliqué. Un grand moment de solitude fasse à ma feuille bleue…

Mais au final j’ai quand même voté, avec un gros mix de pseudos visions politiques opposées, histoire de voir si vous étiez capable de vous entendre comme des grands garçons et/ou filles. Le reste de cette entreprise d’imagination a été un gros piochage en vue de la profession, de la cité de résidence, histoire d’essayer de combler certains manquement que je déplore dans notre ville.

Mais je comprends très bien pourquoi les gens ne vont pas au local de vote pour les élections. Après, pour les autres points plus importants que les affaires courantes du canton, je comprends beaucoup moins le problème de l’abstention.

Etant donné qu’un parti ou un autre ne peut pas vraiment modifier radicalement le fonctionnement déjà en place, que toutes les idées extrémistes ou farfelues ne passent que rarement la voix de la grande majorité, cela ne me préoccupe que peu au final de qui aura le droit de piocher dans les deniers du contribuable.

Exercice que je renouvellerai cependant la prochaine fois si je suis toujours dans le canton.

Amicalement vôtre.

Écrit par : Horn Gilles | 03/10/2013

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