25/10/2013

La prétendue fibre sociale du MCG

Suite aux résultats de l’élection au Grand Conseil du 6 octobre, beaucoup ont expliqué le succès (somme toute assez relatif) du MCG du fait de sa fibre sociale. Le MCG serait en effet, une sorte d’improbable parti « socialiste-cantonal », défenseur de la fonction publique (essentiellement policière) et pourfendeur du libéralisme sauvage de Schengen. L’idée, visiblement, plaît à un électorat souffrant au quotidien des méfaits de la crise économique que nous traversons. En plus, la stratégie de désigner des boucs émissaires responsables de tous les malheurs du monde (les Roms et les Français) est, on le sait, une recette politique qui a toujours fait vendre.

Cette prétendue fibre sociale du MCG est aujourd’hui parfaitement incarnée par Mauro Poggia, sorte de gendre idéal, qui s’est fait connaître du grand public par ses nobles combats dans le domaine des assurances-maladie. L’homme présente bien. Il est modéré et son discours suave est susceptible de toucher une population genevoise en manque de repères.

Poggia, c’est un peu notre Marine Le Pen : c’est la vitrine nouvelle, présentable, institutionnelle, « gouvernementale », d’un parti dont on sait que, sur le fond, il ne propose, au mieux, que des projets irréalistes, et au pire, qu’une politique d’exclusion dûment assumée.

Parce que, sur le fond justement, la fibre sociale du MCG, il faut la rechercher bien loin. Et lorsqu’on regarde ses prises de position sur les principaux enjeux sociaux de cette dernière législature, force est de constater que le parti staufférien genevois a pris des engagements politiques pour le moins paradoxaux…

En voici la preuve :

 

Objet

Position du MCG

Pour un salaire minimum cantonal (IN 142)

CONTRE

Diminution du taux d’encadrement dans les crèches (PL 10636)

POUR

Loi sur la cohésion sociale (PL 10823)

CONTRE

Création d’une fondation pour le logement des jeunes (PL 10873)

CONTRE

Création d’un fond de prêt aux locataires en cas de défaut de paiement (M 2017)

CONTRE

Suppression du RMCAS (PL 10821)

POUR


Bizarrement, le MCG refuse le salaire minimum, qui est pourtant la meilleure garantie possible à la lutte contre le dumping salarial responsable (selon eux) du déferlement ininterrompu de français sur Genève. De même que le MCG a refusé avec véhémence la loi sur la politique de cohésion sociale en milieu urbain, visant à développer massivement les services publics dans les quartiers les plus défavorisés du canton. Enfin, le MCG a plébiscité la suppression du RMCAS (comme ça on met tout le monde à l’aide sociale, c’est moins compliqué).

Bref, comme dirait l’autre : les menteurs sont toujours plus vite rattrapés que les boiteux.

Les genevois se réveilleront-ils avant le 10 novembre ?

 

 

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Commentaires

Le MCG soutient des mesures qui ne sont pas des leurres. S'il y a bien un parti populiste actuellement, c'est le PS.
Le salaire minimum obligatoire à 4000.-- sera le chômage, puis l'assistance sociale assurés à tous nos travailleurs sans formation. En effet, à 4000.-- les employeurs préféreront engager tous les universitaires français sans travail, pour qui le smic est de € 1'300.--, et auxquels ils pourront demander bien plus que des petits travaux.
Un peu de lucidité ne vous ferait pas de mal. Regardez ce que le revenu minimum a fait en France. Au lieu de singer les erreurs des autres, apprenez à voir plus loin que les projets racoleurs qui tueront notre économie et notre pouvoir d'achat.
Pour le reste, et sur chaque projet que vous citez, le MCG est prêt à vous fournir son argumentation.
N'oubliez pas que pour aider ceux qui en ont besoin, nous devons avoir une économie forte. A moins que vous vouliez avoir une population d'assistés, comme dans certains pays qui nous entourent. Cela vous fera des voix, car personne n'est plus fidèle à la gauche qu'une personne qui est assistée, mais vous gouvernerez alors sur le néant.

Écrit par : mauro poggia | 25/10/2013

@Monsieur Poggia:

Votre argumentaire sur le salaire minimum ne tient pas la route (on s'en serait douté même sans vous lire...), puisque les employeurs que vous dénoncez peuvent déjà engager, comme vous le dites, des "universitaires français sans travail". Vous trouvez normal que des caissières, des vendeuses, des serveuses soient payés moins que 4'000.- par mois pour un travail à plein temps, tout ça pour servir votre "économie forte"? Moi pas. Dans les secteurs non-conventionnés, la pression sur les salaires est terrible, et je vous accorde volontiers que Schengen y est probablement pour quelque chose. Mais comme il semble illusoire de fermer les frontières - puisque vous voulez une "économie forte" - le salaire minimum permettra de régler radicalement le problème de la sous-enchère.

Non, soyez réalistes: le salaire minimum vous fait peur, parce qu'il risque de régler le dumping salarial que vous dénoncez à longueur de journée. Vous n'auriez donc plus d'arguments pour combattre la (prétendue) sous-enchère salariale bénéfique aux frontaliers qui fait votre fond de commerce. Ce serait effectivement ennuyeux...

Concernant votre "argumentation" sur le refus de la LCSMU, je me réjouis de l'entendre. J'en déduis que vous ne voulez pas régler les inégalités territoriales criantes qui existent dans notre canton. Je ne manquerai pas de le rappeler à vos potentiels électeurs que je croiserai dans les communes suburbaines où je me rends, visiblement, bien plus souvent que vous.

Quand à vos propos dédaigneux sur les personnes assistées, elle n'engagent que le riche et bien-portant avocat que vous êtes.

Je ne vous salue guère (même si la forme de mon commentaire est, au final plus polie que la votre)

Marko Bandler

Écrit par : Marko Bandler | 25/10/2013

Mr Bandler,

C'est pourtant vrai, le salaire minimum en France est devenu le salaire normal de base. Et quand un employé se plaint de son revenu, c'est facile de lui rétorqué qu'il a déjà 25% de plus que le smic (i.e. 1700€). Cette solution est donc clairement un leurre.

Bien qu'étant simple employé ce n'est pas une voie que je souhaite a la majorité des travailleurs Suisses. C'en est d'ailleurs presque une caricature du nivellement par le bas qu'on vous reproche souvent non sans raisons.

Bonne soirée.

Écrit par : Eastwood | 25/10/2013

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