30/11/2015

Budget 2016: Micheline, reviens!

1997

MCR.jpg

Micheline Calmy-Rey vient d’être élue au Conseil d’Etat. Elle prendra la tête du Département des finances, dans une situation économique déjà difficile à l'époque. Contrainte d’agir avec une fragile majorité parlementaire, la Magistrate optera pour un processus budgétaire particulièrement original : rassembler tous les partis gouvernementaux autour d’un « paquet ficelé », prévoyant à parts égales 250 millions de coupes et 250 millions de recettes.

 

Le projet est ambitieux, mais à force de persuasion, Micheline Calmy-Rey parvient à rallier la majorité des partis représentés au Grand Conseil autour de ce fragile projet de budget, qui est finalement soumis au peuple en décembre 1998… et sera refusé à plus de 80%.

 

Les raisons de ce cuisant échec s’expliquent par les mesures proposées, notamment en termes de diminution des dépenses, et qui ont grandement fâché associations, syndicats et étudiants, lesquels se sont mobilisés en masse pour torpiller ce projet. Le compromis ressemblait plutôt à une compromission. Sur les recettes supplémentaires, en revanche, personne n’avais trouvé à redire ! Taxes sur les piscines ou impôts sur les grosses cylindrées – mesure phares du projet – ont bien sûr fait grincer quelques dents, mais n’ont au final que peu pesé dans la balance.

 

Sur la forme, le projet était mal fichu, Micheline Calmy-Rey l’ayant elle-même reconnu par la suite. Naïveté d’une débutante, sans doute (ce qui ne l’empêchera pas de faire ensuite la brillante carrière qu’on lui connaît !). Mais sur le fond, cet exercice a démontré la volonté de rassembler et d’unir celles et ceux qui ont entre leur mains la destinée de notre canton, au-delà des clivages politiques, pour tenter de sortir du marasme économique dans lequel nous nous trouvons encore aujourd’hui.

 

Avouons au moins que la démarche n’était pas dénuée d’un certain panache, ni d’un réel courage politique… qu’on serait bien en mal de trouver aujourd’hui !

 

2016

Est-il vraiment nécessaire de dresser le portrait de ce qui nous attend ? Coupes linéaires, diminutions de personnel, augmentation du temps de travail de la fonction publique. Le programme budgétaire du Conseil d’Etat se limite aujourd'hui scrupuleusement à trouver des économies et à tailler dans le gras. En appliquant doctement, sans dévier d’une virgule, un programme de rigueur d’inspiration néolibérale.

 

De nouvelles recettes en perspectives ? Que nenni ! On nous serine à longueur de journée avec la soi-disant pression fiscale qui assomme déjà les contribuables genevois ! Il faudra faire plus, ou en tous cas autant, mais avec moins. Beaucoup moins. Voilà la doctrine, voilà le catéchisme, voilà le discours qu’on nous assène, et dont on est prié de ne pas dévier.

 

En l’espace d’à peine une génération, on est passé du courage politique d’une Micheline Calmy-Rey à l’attentisme démissionnaire d’un Gouvernement qui navigue à vue, incapable de remettre en question sa doxa budgétaire, alors même que – paradoxalement – tout le monde s’accorde sur l’augmentation des besoins (éducation, aide sociale, santé, etc.).

 

La politique de l’autruche n’est pas viable à long terme. Et nul ne se fait d’illusions sur les résultats catastrophiques qu’entrainerait, en l’état, le vote du budget 2016, tel qu’il nous est proposé par le Conseil d’Etat.

 

Si celui-ci entend véritablement gouverner au lieu de simplement couper, je lui conseille de demander quelques conseils à Micheline Calmy-Rey. Son courage politique nous manque aujourd’hui cruellement.

12:30 | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Votre article est-il sérieux ou est-ce une plaisanterie ??

Écrit par : Boccard | 30/11/2015

@ Boccard: disons qu'il y a un fond de vérité qui se dissimule derrière un subtil second degré...

Bien à vous
MB

Écrit par : Marko Bandler | 30/11/2015

Rajouter de la dette, à la dette, j'en ai par dessus la tête.

Écrit par : Victor-Liviu Dumitrescu © | 30/11/2015

Lorsqu'elle était aux finances elle a creusé un trou de 3 milliards alors elle peut revenir pour continuer à creuser !! Ses petits enfants la remercieront de la dette qu'elle leur laissera !!

Écrit par : Gedeon Teusmany | 30/11/2015

La Banque Cantonale de Genève (BCGE) est une société anonyme de droit public suisse, née en 1994 de la fusion de la Caisse d'épargne de la république et canton de Genève (fondée en 1816) et de la Banque hypothécaire du canton de Genève (fondée en 1847).

Son actionnaire majoritaire est l’État de Genève qui détient 44.3% de son capital actions.
Les autres actionnaires sont la ville de Genève (20.9%), communes genevoises (7.4%) et les clients-actionnaires pour 27.4%.

Filiales

BCGE (France), fondée en 1993, présente à Annecy, Lyon et Paris
Sa filiale française, Banque Cantonale de Genève (France).
Sise à Lyon, elle a ouvert des succursales à Paris et Annecy.
La Banque Cantonale de Genève (France) emploie 50 personnes.

Capital Transmission créé en avril 2008
Le Groupe est également détenteur à 100% de Capital Transmission.

Dimension S.A. créé en 1994
Le groupe BCGE s'est porté acquéreur de 100% du capital de Dimension SA, Lausanne, le 22 mai 2015.
Il s'agit pour les deux parties de créer une plateforme opérationnelle spécialisée dans les évaluations et transmissions d'entreprises couvrant la région de Suisse occidentale, de Genève à Berne.


Monsieur Jörg Stäubli, meilleures salutations,

Écrit par : Victor-Liviu Dumitrescu © | 30/11/2015

Marko Bandler, qui s'est fait des couilles en or, avec les terrains de Sécheron ?
Je dis ça ...

Écrit par : Victor-Liviu Dumitrescu © | 30/11/2015

"tailler dans le gras"
Oui, c'est bien de cela qu'il s'agit. Enlever le superflu, l'encombrant.

Écrit par : PIerre Jenni | 01/12/2015

MCR,
c'était représenter la politique pro gaucho-bobo pro gégé pro potes,
ses idéologies et objectifs c'était rassembler "le mondeu-du-bizz" de-ceux-qui-m'est-proche"
sa gestion "dépenses / budget déficitaire plongeant", fonctionnait en mode "ah-mais-la-Suisse-est-riche, la-Roumanie-pas-et-l'Europe-c'est-bien, ce sont nos constituants qui vont le dire"


vraiment, vous avez la mémoire bien courte!

problème: ceux qui ont voulu la Mazone, ces minorités qui ont placé des Sami Kanaan ou voté mister Suisse n'en n'avaient pas non plus, de mémoire, n'étant ni contribuables ni même résidents en Suisse.

Écrit par : suisse & genevois déshérité | 01/12/2015

Les commentaires sont fermés.