28/10/2016

Plainpalais : l’arbre qui cache la forêt (des poiriers)

L’abattage des arbres malades sur la Plaine de Plainpalais fait l’objet d’un psychodrame dont seule Genève a le secret. Main dans la main, des militants d’une certaine gauche dont on peine de plus en plus à lire le projet politique et les joyeux lurons du MCG ont fait le poirier – c’est le cas de le dire – pour empêcher qu’on coupe ces végétaux jugés malades et donc dangereux. Au-delà de cette rocambolesque Genferei, on assiste ici à une manifestation typique de démagogie sur laquelle les extrêmes aiment à se rejoindre. L’histoire prêterait à sourire (ou à pleurer), si elle n’était pas symptomatique de la gangrène populiste qui mine la vie politique de notre canton.

Deux mondes s’affrontent. D’un côté, les scientifiques, experts du domaine, qui ont dûment argumenté sur la dangerosité des arbres en question – dont l’un s’est effondré il y a peu – et qui menacent donc de tomber à tout moment. Au milieu d’une forêt de campagne, nul n’en aurait cure. Au milieu d’un espace aussi fréquenté que Plainpalais, le risque d’un tragique accident est réel. Il existe donc un intérêt public prépondérant à ce que ces arbres soient abattus. Cette conclusion n’est pas qu’une décision politique. Elle repose sur un travail d’expertise effectué par des professionnels. Pas par des botanistes amateurs. Pas par des dendrologues du dimanche. Pas par des politiciens en mal de reconnaissance médiatique. Pas par des populistes en goguette sur la plaine. Non, par des personnes formées, compétentes, expertes dans le domaine. Vous saisissez la différence ?
Evidemment, quand on n’a pas ou plus d’arguments, il est de bon ton de remettre en cause la soi-disant impartialité des études, recherches, analyses, expertises, évaluations des professionnels. On endosse la posture de savant alternatif, et le tour est joué. On tergiverse, on joue sur les virgules, on sermonne la partialité des uns et des autres, on essaye d’instaurer le doute.
Pour sauver des arbres ? Certainement pas. Pour exister politiquement. Pour se trouver du bon côté de la morale. Celui de l’affectif, de l’écologie, du bon peuple. Qui, comme tout un chacun, aime les plantes vertes.
Le spectacle est désolant. Je pleure certes chaque arbre qu’on abat. Mais je pleure encore plus les crocodiles qui versent des larmes bien pesées en jouant sur les émotions de celles et ceux dont ils espèrent les suffrages. Au détriment du danger – car c’est de ça qu’il s’agit – que représentent ces arbres pour la population que, paradoxalement, ils prétendent défendre.

12:34 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |